Nimbus, installation visuelle et sonore interactive, janvier 2018, Halles Usego, Sierre

À l’exception du sol qui est matériel, l’espace est fait de fumée, lumière et sons interagissants avec les déplacements des spectateurs.

L’impossibilité de définir la taille de la pièce, l’irrégularité des flashs, l’imprévisibilité du sol et l’écho sonore désorientent la perception qu’à le spectateur du temps et de l’espace. La texture du sol, le son de ses pas et leur action sur la lumière sont des éléments qui lui donnent la conscience de se déplacer, mais en même temps les limites de l’espace restent floues, ce qui l’empêche de se situer. .

L'abstraction du visuel qui laisse libre cours à l’imagination du visiteur, l’effet qu’a le passage de l’obscurité à la lumière sur son psychisme, et finalement le fait a qu’il ne sache pas ou il se trouve dans l’espace mais soit tout de même conscient d’être en train de marcher, sont trois éléments qui créent en lui un sentiment de rêve éveillé. La modification de son état de conscience passe par son corps, ce qui crée un sentiment d’immersion intense.

Le visiteur peut à la fois ressentir ses propres effets sur l’oeuvre et les effets de la composition qu’il crée avec les autres. De la même manière, il est à la fois livré à lui-même dans la fumée, et dans des situations intimes avec ceux qu'il croise, du fait de ne les percevoir que de proche.

En résumé, le spectateur peut donc créer, imaginer, et ressentir l’espace. Cette oeuvre questionne la façon de percevoir le monde et ce qu’est la réalité, à travers un mélange entre l’isolation sensorielle (hyperconscience) et l’interconnexion des sens, et entre l’expérience individuelle et collective.

Malgré l’aspect englobant de l’oeuvre, la visibilité de la source lumineuse, depuis le centre de la pièce, aide à la compréhension du dispositif.